Tour du Monde : Comment quitter son job

Partir en tour du monde, c’est un sujet récurrent chez nous depuis maintenant plusieurs années.
On se dit qu’un jour c’est sûr on partira, pourtant, il y a un monde entre le dire et le faire. Et puis un jour c’est l’évidence et tout bascule en quelques heures.

 

Quitter sa zone de confort est d’autant plus délicat quand tu es « installé » (enfermé ?) dans ta vie bien tracée genre accession à la propriété, CDI, enfants … Alors non je ne suis pas en train de me plaindre, c’est une situation plutôt enviable et confortable mais quand on décide en quelques heures de tout envoyer valser et de repartir à zéro on se tape quand même quelques petits moments d’angoisse, genre ton subconscient qui te réveille en pleine nuit en te hurlant « Non mais t’es diiiiiiingue ?!?! ».

De notre côté l’accession à la propriété c’était déjà un sujet réglé puisqu’on avait décidé il y a un an (déjà dans l’optique de prendre la route) de redevenir locataire. Restait donc la question du boulot.

Alors on fait comment pour partir se la couler douce explorer le monde, quand comme une bonne partie du commun des mortels on a besoin d’un job pour pouvoir vivre.

Ci-dessous un tableau reprenant les diverses stratégies retenues par les baroudeurs au long cours.
                                  Source https://www.tourdumondiste.com

Comme 17% des voyageurs nous avons donc tenté l’option année sabbatique ! Sachant que l’option démission n’est jamais bien loin puisque le problème de partir en couple c’est d’obtenir 2 années sabbatiques aux mêmes dates ! Mais qui ne tente rien n’a rien ! Challenge accepté !

Une année sabbatique c’est quoi au juste ?
Le congé sabbatique est une disposition légale pour tous les salariés du secteur privé. Le contrat de travail est suspendu d’un commun accord mais doit reprendre à des conditions équivalentes au retour du salarié.
Pour pouvoir en bénéficier il faut remplir deux conditions :
Cumuler 6 années d’activité professionnelle dont 3 ans d’ancienneté au sein de votre entreprise actuelle
Techniquement le congé sabbatique est assez difficile à refuser pour l’employeur puisqu’il doit justifier du motif de son refus et démontrer que votre départ mettra en péril l’entreprise.
Bien évidemment il vaut mieux pour aborder le sujet être en bon terme avec son employeur et demander gentiment car il a tout de même la possibilité de vous demander de reporter votre congé sur une durée de 6 à 9 mois suivant la taille de l’entreprise. Il faut bien aussi penser qu’il va falloir continuer à travailler ensemble avant le congé mais aussi à notre retour.

Donc concrètement on a fait comment ?
Une fois la décision prise nous avons fait le choix de décaler nos demandes. Obtenir un premier accord pour avoir des dates bloquées et faire la seconde demande ensuite.
Nous avons également tous les deux abordé le sujet avec nos employeurs ou responsables oralement quelques jours avant l’envoi des demandes.
Une fois le choc de l’annonce passé (oui ton employeur peut te traiter de hippie ! lol) on envoi donc un courrier recommandé ou on le remet en main propre contre signature.
Ce courrier doit spécifier la nature de la demande, la date de début du congé souhaitée et sa durée (attention durée maxi 11 mois, l’année sabbatique est donc une fausse promesse) !
Et ensuite on attend et on croise les doigts ! L’employeur a 30 jours pour vous signifier son refus. Sans réponse dans ce délais la demande est considérée comme acceptée !
De notre côté, à 8 mois du départ, nous sommes donc à un accord et la deuxième demande est en cours … suspens ! parviendrons nous à obtenir le grand chelem du congé sabbatique ?

Petite mise en garde tout de même, si la démarche semble simple, il faut bien prendre conscience qu’elle n’est pas sans conséquences. Elle peut être plus ou moins bien prise suivant l’entreprise, clairement nous avons fait ces demandes en étant prêts à aller jusqu’au bout de la démarche coûte que coûte même si cela devait impliquer une rupture conventionnelle ou une démission. Tenter sa chance et faire marche arrière si on sent que ça va se faire dans la douleur est à mon avis une stratégie risquée !